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December 31 2008
Le web a profondément changé les journaux américains
La presse Américaine connaît une crise comparable à celle que traverse la notre, mais elle ne reste pas immobile pour autant et change en profondeur. Selon un récent rapport du Birving Group, basé sur l’analyse des 100 plus grands journaux américains (en terme de diffusion), 58% font désormais usage des contenus utilisateurs (UGC), contre 24% en 2007.
Ce rapport regorge de statistiques de ce type qui souligne à quel point la presse US est en pleine mutation, et ce, à un rythme accéléré. La presse Française ne devrait pas tarder à suivre (disclaimer : j’ai travaillé et je travaille à de nombreux projets internet dans le secteur presse).
Parmi les chiffres issus de ce rapport, soulignons :
- 75% des journaux acceptent désormais les commentaires sur leurs articles, contre 33% en 2007, ce chiffre à lui seul souligne un changement radicale dans la vision d’une information ‘top to bottom’ à celui de l’information sous la forme d’une conversation, avec tout ce que cela implique pour le métier de journaliste, et sa nécessaire intégration des compétences de management de communautés propres aux bloggeurs.
- 100% offrent des flux RSS (ce chiffre était de 97% en 2007, mais il n’en est pas moins intéressant)
- 92% des journaux intègrent désormais des boutons permettant de bookmarker un article sur un média social tel que Delicious ou Digg, ce chiffre n’était que de 7% en 2006.
- La courte période d’expérimentation qui a lancé certains dans le passage obligatoire par la création d’un profil en ligne pour accéder aux contenus est belle et bien finie : les journaux imposant cela ne sont plus que 11% contre 27% en 2007 et 23% en 2006.
Qu’en penser ?
Les journaux d’information ne seront plus jamais les mêmes, vous pouvez désormais y répondre et même y participer, comme on le fait avec un nombre sans cesse grandissant de sources d’information.
De la même façon qu’aucune société informatique n’a jamais réussi à produire un code à la hauteur de ce que peut faire une communauté qui collabore à un projet open source, les journaux sont désormais obligé de s’ouvrir d’une façon similaire, et cela remet en question bon nombre de leurs fonctionnements.
Il est rassurant de voir qu’aux Etats-Unis, ils ont commencé a cesser de conserver leurs anciens modèles en se contentant de considérer l’internet comme un canal complémentaire, le rapport souligne néanmoins que ces améliorations ne touchent pas suffisamment en profondeur le média en tant que tel pour leur assurer une survie et qu’il reste encore beaucoup à faire.
En France, on retrouve le même type d’attitude de la presse face à internet (au mieux), qui consiste à chercher des raccourcis plutôt que de s’attaquer en profondeur au problème, un blocage qui ne devrait pas résister à l’année 2009 qui sera particulièrement difficile pour la presse nationale et obligera à une profonde remise en question face à internet.
Pour bien des analystes, c’est la notion même de média généraliste qui n’a plus sa place face à un lectorat qui se réparti de plus en plus sur des niches où la presse n’est plus légitime et où elle subit une concurrence extrême, tant en nombre de supports qu’en qualité.
Il est également à noter que la presse ne renouvelle plus sont lectorat, et a perdu sa crédibilité auprès des lecteurs de moins de 30 ans qui la relègue depuis peu en troisième position comme source d’information derrière la télévision et internet. Même si ce n’est qu’un problème sur le long terme et que la presse est confronté à des dangers bien plus immédiats, c’est une problématique aussi inquiétante pour la presse que l’est le réchauffement climatique pour la planète.
Vous pouvez télécharger l’intégralité du rapport ici.


