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November 12 2008
Profession bloggeur : une grande leçon de journalisme
Ecrit par Fabrice Epelboin le 12 novembre 2008 à 20:30
La commémoration de la fin de la première guerre mondiale à été, ce week end, l’occasion d’en déclencher une nouvelle, bien moins grave, d’autant qu’on en connait l’issue, je veux parler de celle qui, en France, oppose les méchants bloggeurs et les gentils journalistes.
Loic Lemeur, qui tenta un temps, à force de conférences, d’unir les deux mondes, s’est exilé. La guerre qui jusqu’ici était larvée est repartie de plus belle, et il semble que cette fois ci, ce soit, si ce n’est la bataille ultime, du moins, la sale guerre.
Yves Eudes, qui s’illustre habituellement en tant que grand reporter dans des contrés hostiles, est allé sur le front et tire à boulet rouge. Il décroche par le même la palme de la déontologie. L’arme, bien connue des journalistes, est habituellement utilisée contre eux par les politiques : le contrôle fiscal. Sous couvert de réchauffer le sujet de “la monétisation des blogs”, Le Monde dénonce l’affreux Stagueve touchant les ASSEDIC en plus de ses revenus de bloggeur. Et hop, un de moins (en fait, le coup à fait long feu).

De son coté, CB News, qui a le mérite de ne pas cracher dans la (sa) soupe, fait un point sur les obligation légales, et dénonce les moutons noirs ne signalant pas les billets sponsorisés. CB News se trouve assez à l’aise dans sa position de casque bleu, il faut dire qu’il ont un pied dans chaque camp, les journalistes qui y travaillent étant, eux, parfaitement conscients que la bataille à laquelle ils assistent est jouée d’avance. Les chiffres sont cruels, mais cohérents. Les budgets publicitaires vont dégringoler de façon catastrophique dans les années à venir… sauf en ce qui concerne internet. Pour preuve, malgré une Une faite clairement pour dénigrer les méchant bloggeurs, traités de vendus, et après un dossier de trois pages qui survole le sujet (et qui vaudra à Emery, lui aussi, un bon contrôle fiscal pour ne pas déclarer 56000 euros de cadeaux annuels), CB News change sont fusil d’épaule dix pages plus loin pour chanter les louanges des RP 2.0… Et conclu son article par un prudent ‘on ne sait pas ou va le marché’… Que dire… LOL. Oui, cela semble approprié.
La palme du professionnalisme revient à ‘Esprit Femme’ qui - c’est une règle de base pour tout journaliste encarté - vérifie ses infos. Enfin. Pas vraiment. Du coup, sérieux remontage de bretelles par le sujet de l’article qui, comble de l’impertinence, corrige la presse.
Je passe sur Chronicart, ainsi qu’une multitude d’autres, une chose est claire : c’est la guerre.
Pourquoi tant de haine ?
Amis bloggeurs, il faut comprendre les journalistes. Ils sont en danger, et du coup, deviennent agressifs. C’est naturel. Il fut un temps où la presse pouvait vivre grassement, et même gaspiller énormément d’argent. Ils avaient un monopole sur l’information, de la plus sérieuse, sur laquelle ils ont encore un avantage certain, à la plus inutile, mais la plus rentable, terrain sur lequel la presse est en passe de se faire détrôner par les amateurs, ou les semi professionnels.
Les journalistes ‘sérieux’, ceux qui vont au feu, en Irak ou à Haïti (comme notre néanmoins estimé confrère Yves Eudes), la situation est critique. Les petites annonces et les chiens écrasés avaient jusqu’ici financé leurs missions. Or cette manne se tarie, et l’avenir n’est pas rose. Pour les moins sérieux, pour qui conseiller un produit de beauté était une vocation, voire un sacerdoce, le Shalimar qui jadis arrivait par litres à la rédaction commence à sentir le sapin.
Les terrains de bataille
La presse d’investigation n’est pas (pour le moment) véritablement menacée par les amateurs. C’est un domaine dans lequel le métier de journaliste n’est pas un vain mot. Ce n’est pas demain la veille que l’on verra un podcast à la façon d’un Grégoire Deniau, se frayant son chemin à travers les balles Falluja, ou traversant un océan sur une barque pour suivre des immigrés clandestins. Non. Ceux là peuvent dormir tranquille, les bloggeurs ne vont pas de si tôt les remplacer.
Tranquille ? Pas vraiment, car les finances pourraient rapidement venir à manquer pour leur permettre d’exercer leur métier.
La presse technologique, elle, s’est fait une raison. Qui plus est, elle a muté sur internet depuis fort longtemps. Pour ces journalistes là, les blogs sont devenus un creuset pour leurs propres articles, et un carnet d’adresse de spécialistes à interviewer. Ceux qui continuent de publier exclusivement sur papier ont vu leur lectorat se réduire à ceux qui ne disposent pas des compétences nécessaires pour trouver l’information sur internet, autant dire qu’il ne reste plus grand monde.
Dans ce secteur, Eric Dupin semble faire office de victime expiatoire. L’affreux bloggeur a osé faire de l’argent, et surtout, tester - plus ou moins maladroitement - différents outils de monétisation. Honte à lui, il vole le pain des journalistes.
En pratique, c’est la presse féminine qui est la plus menacée, car ce sera certainement la première victime de la grande guerre qui s’annonce. De toutes les munitions tirées par la presse ces derniers jours, c’est le boulet maladroitement lancé par Esprit Femme qui est le plus révélateur d’une démarche désespérée.
Il n’y a plus de jeunesse
Non seulement les 15-25 ans, le socle de son futur lectorat, autant dire de son avenir, se tourne de plus en plus vers les blogs, mais par ailleurs, le presse féminine est un domaine où l’on peut légitimement se demander si une carte de presse apporte véritablement une plus value aux contenus.
La corruption des bloggeuses est désormais équivalente à celle des journalistes (même cadeaux, mêmes invitations aux soldes de presse, mêmes petits soins de la part des marques, que l’on soit power bloggeuse ou journaliste à Marie Claire). Nous n’en sommes pas aux invitations pour les défilés en ‘sitting’, mais cela ne saurait tarder.
Or la presse féminine c’est, avant tout, de la publicité. Une publicité qui représente, selon les magazines, entre 40 et 60% des contenus. Si on ajoute les contenus rédactionnels qu’une marque aura sur ‘susciter’ à coup de cadeaux ou de budgets pub, on peut atteindre… un peu moins de 100%. Difficile de prendre au sérieux un article sur un fond de teint quand son fabricant achète pour plusieurs centaines de milliers d’euros d’espace publicitaire chaque année dans le magazine, non ? Que dire des pages shopping quand on sait que les objets mis en scène sont, bien souvent, offerts aux journalistes qui tiennent la rubrique ?
Mais ce monde tranquille en apparence et nourri (pour ne pas dire gavé) par les groupes de luxe et de cosmétique voit venir la crise financière avec effroi. Il existe pour les annonceurs des façons bien plus efficaces, et surtout parfaitement mesurables, avec R.O.I. calculé à la décimale près, pour dépenser son argent : Internet. En période de crise, même pour LVMH et L’Oréal, un sou est un sou, et sur le terrain de l’efficacité publicitaire, la presse féminine a une concurrence diabolique : les blogs de filles.
Les blogs de filles, la soupe primitive de la presse de demain ?
Par soupe primitive, je fais allusion à ceci, n’y voyez rien d’autre, et surtout, n’y voyez pas un jugement de valeur sur les contenus que l’on y trouve. Je me garderais bien d’y porter un jugement, pour moi, mâle geek de mon état, c’est à peu de chose près la même chose que ce que l’on trouve dans les magazines féminins, avec un ton plus personnel. Ceci dit, j’insiste, je ne m’y connait pas plus en contenus féminins qu’un journaliste d’investigation habitué aux guerres civiles ne s’y connait en blogs. Autant dire que je n’y comprends rien.
Non, ce qui m’attire dans les blog de filles, c’est le coté soupe primitive (ainsi que les filles, il faut bien le reconnaître).
Il y a (pour simplifier) deux interprétations du monde et de sa création, tout comme il y a deux façons d’aborder l’avenir pour les contenus et la presse. L’une d’elle consiste à confier le métier à tisser de la destinée à une autorité suprême (placée au dessus des états généraux de la presse), en charge de trouver la voie de la monétisation et de l’avenir. Une sorte de créationnisme, dont les Dieux se nomment Arnaud Lagardère, Martin Bouygues et Nicolas Sarkozy. Dans le cas de la presse, c’est très mal parti, si ce n’est pour sa survie, du moins pour son indépendance et la qualité de ses contenus.
L’autre consiste à voir éclore, au sein d’un ensemble chaotique, une multitude de possibilités d’assemblages, de combinaisons, de moyens de monétisations, de rapports entre producteurs de contenus, annonceurs, agences et audiences. On appelle cela la soupe primitive et le Darwinisme. La plupart de ces combinaisons, de ces modes de monétisation, de ces assemblages, sont destinés à mourir, mais dans le lot, les modèles viables seront taillés pour affronter l’avenir.
De cette soupe primitive naitra, selon toutes probabilités, les géants de demain (probablement rachetés à temps par les géants d’hier). Du créationisme naîtra… ma foi… pas grand chose, si ce n’est un acharnement thérapeutique destiné à maintenir en vie un vieillard, auquel plus personne ne croit, dont les économies pourraient, dans un ultime effort, servir à se racheter une nouvelle jeunesse, pour peu que celle-ci se laisse vendre (c’est souvent le cas).
C’est à mes yeux (désolé les filles) le seul intérêt des blogs de filles (encore une fois, je ne suis pas lecteur, désolé).
En s’attaquant aux recettes (publicitaires, marketing, éditoriales, etc) de la presse féminine, les blogs de filles s’attaquent à une énorme galette publicitaire, infiniment plus grande et grasse que celle à laquelle s’attaquent les blogs technos comme Stagueve ou Presse-citron. Il y a là suffisamment d’argent en jeu pour voir apparaître des mastodontes, et selon toute évidence, ils n’auront aucun rapport avec ce qu’est la presse féminine aujourd’hui.
L’information liquide
Les mastodontes de demain n’auront rien à voir avec ceux d’hier, l’une des raisons en est la liquidité de l’information. Là encore, rien ne vaut une bonne autopsie pour diagnostiquer les raisons de la mort d’un ancien géant qui n’a jamais voulu regarder la réalité en face : les maisons de disque.
Il fut un temps (que les moins de vingt ans, etc.) où l’on achetait des albums. Un package d’une dizaine de singles, vendu sous la forme d’une galette de vinyle ou d’un CDrom sur lequel on avait gravé des pistes audio non compressées. Le tout coutait un argent fou et prenait beaucoup de place dans votre salon (je précise pour les plus jeunes).
Ce temps est passé, aujourd’hui, les rares personnes à acheter de la musique le font morceau par morceau. Il existe bien quelques irréductibles qui persistent à acheter des album entier comme Denis Olivennes, mais ils se font rares (à terme, ils deviendront tous sourds ou mourront de vieillesse, dans un cas comme dans l’autres, ils cesseront de consommer).
Les mêmes usages se retrouvent dans la consommation d’information. Là où l’on achetait un package sous forme de magazine, on consomme aujourd’hui à l’article.
Ce grand mouvement de transformation des usages, initié par Netvibes, et dans lequel se sont engouffrés bon nombre de hits web 2.0 tels que Digg, part d’un constat simple : le lecteur est le mieux à même de décider comment assembler les contenus qu’il consomme. On pourra au besoin remplacer la seule décision du lecteur (Netvibes) par celle d’une communauté (Digg) et appeler cela ‘intelligence collective’, mais dans tous les cas de figure, le rôle du rédacteur en chef est bel est bien fini, et avec lui celui du magazine, qui ne fait guère que packager, distribuer et monétiser un assemblage de contenus.
Autant le portail était un concept proche de celui de la presse, autant les blogs, les agrégateurs, et le web social en est très très loin. Or aujourd’hui, chez les plus jeunes lecteurs tout du moins, cette habitude de consommation est irréversible. En fait, chez les 15-25 ans, ce n’est pas tant qu’elle est irréversible, ils n’ont jamais connu autre chose.
Aujourd’hui, différentes formes d’agrégation de l’information répondent à différents besoins, et les producteurs de contenus alimentent tout cela. Ce sont eux les nouveaux intermédiaires.
Quelle différence pour les producteurs de contenus ?
Qu’ils soient journalistes, rédacteurs, pigistes ou bloggeurs, à terme, de la même façon qu’il est toujours possible de vivre de sa musique, il sera demain possible de vivre de ses contenus. La différence se situera dans leur intermédiation avec le public.
Depuis le tout début de son histoire, le web a redistribué les cartes de l’intermédiation. Celles du commerce, celles de la musique, et aujourd’hui, celle du contenus (et plus généralement de la Culture).
Pour schématiser à l’extrême, nous avons aujourd’hui des producteurs de contenus (du journaliste au bloggeur), des intermédiaires (de Libération à Digg) et un public (de plus en plus sur internet). Le B.A.BA de l’économie nous permet de prédire que l’intermédiaire qui mettra sur le marché une offre répondant au plus près aux besoins du public sera le grand gagnant de l’histoire. Or les média, tels qu’ils sont structurés aujourd’hui, n’ont absolument aucune chance de gagner à ce jeu (à moins de se déstructurer pour mieux se réinventer, mais c’est une autre histoire, et un prochain billet).
Les bloggeurs, eux, sont des particules élémentaires dans le grand jeu de destruction créatrice qui a commencé. Les plus populaires ont leur propre audience et fonctionnent à la façon d’un mini média, mais tous se consomment à travers ces nouveaux intermédiaires. Google est le plus connu d’entre eux, mais il en existe une multitude d’autres qui apportent chacun une valeur ajouté spécifique, de Digg à Wikio en passant par Netvibes, toutes ces technologies se basent sur la liquidité de l’information et la destruction (créatrice, j’insiste) des anciens carcans d’un dogme qui voulait que les contenus soient fournis sous une forme packagés, quitte à ne pas consommer les trois quart du paquet.
Où sont les filles ?
Les blogs techno étaient à l’avant garde, mais la bataille était gagnée avant qu’ils n’aient a tirer le moindre coup de feu. C’était, somme toute, facile. L’ennemi avait rejoint ses rangs et s’était massivement converti à internet. Non, le vrai front, celui de la sale guerre que déclare jour après jour la presse aux bloggeurs, se situe bel et bien du coté des blogs de filles.
Du coté de la presse, le front est uni, et ressemble à cette armée victorieuse, et naïvement sûre de son bon droit, qui envahissait Bagdad il y a quelques années. Ce ne sont pas quelques pauvres diables armés d’outils rudimentaires (des blogs, pensez-vous) qui vont faire peur à des groupes média aussi puissants. Au besoin, on les qualifiera de terroristes – pardon, de bloggeurs, peu soucieux d’une éthique que la presse vient tout juste de sortir d’un placard, où elle reposait depuis fort longtemps, rangée à coté d’un vieux numéro où Zola donnait à la presse des lettres de noblesses que l’on croyait éternelles.
Du coté des bloggeurs, une multitude de groupes disparates et peu organisés, mais qui contraignent, mois après mois, l’armée des média à se retrancher derrière ses portails dont le nombre de pages vue, boosté à coup de méta refresh, fait rigoler tous les média planeurs de France.
Ca vous rappelle quelque chose du coté de Bagdad ? (Walled Garden, Green Zone, same shit)
En terme de pages vues, les blogs ont depuis déjà longtemps dépassé les média. En termes de qualité des contenus, c’est plus compliqué.
La dernière bataille, celle de la qualité
La qualité de l’information dans la presse a baissé, même les média (en off) l’admettent. Course au scoop, délais de plus en plus courts, budgets de plus en plus serrés, rien d’étonnant à cela. Ceci dit, il existe encore des contenus de qualité en nombre. Il y a aussi beaucoup de mauvais contenus. Passons sur les dépêches AFP rewritées à la va-vite, dans la presse traditionnelle, les contenus médiocres sont légions.
Dans la blogosphère, c’est pire, les mauvais contenus sont la norme. Les bons contenus sont rares, mais comme l’armée est immense, au final, il y en a tout de même beaucoup. Le problème ne se situe pas au niveau de la production, mais au niveau des filtres, donc de ces nouveaux intermédiaires. Les bon contenus sont là, mais les trouver n’est pas une évidence.
Dans cette optique, là aussi, la presse féminine est une proie facile. Ses contenus sont d’une qualité discutable, leur saisonnalité ne tient pas le choc face au concept d’archives, assez naturel sur internet, et la corruption absolue du secteur est telle que les leçons de morales qu’assène la presse aux bloggeurs ne peuvent donner lieu, à terme, qu’à l’utilisation de l’arme atomique : le grand déballage. Le jour où cet Hiroshima aura lieu (je parie pour un livre), seul un petit nombre de journalistes en sortiront indemnes, et des pans entiers de la presse seront ridiculisés à tout jamais.
Mais regardons notre soupe élémentaire de blogs de filles de plus près. Parmi les milliers de blogs de filles, il y a beaucoup de mauvais contenus. Alors, comment s’y retrouver ? En l’absence d’un label comme Elle ou Marie-Claire garantissant que les contenus que l’on y trouve sont, au pire, médiocres, à qui se fier pour choisir notre prochain eyeliner ?
C’est là que les régies publicitaires ‘2.0’ interviennent. En proposant un mix entre outils de monétisation pour bloggeuses, outils de promotion des contenus, de mise en relation avec les annonceurs et que sais-je encore, ces nouvelles entités économiques, qu’elles se nomment Culture Buzz, Influence ou Nuage de Fille, proposent également – du moins pour les marques – un label de qualité. (s’il s’agissait de contenus politiques, ce serait terrifiant, mais là, j’avoue ne pas être inquiet).
Chacune de ces entités à sa formule, certaines, comme Influence (Heaven pour être précis), joue même aux producteurs de contenus avec Ladiesroom.fr. Toutes les combinaisons sont possibles, et toutes sont expérimentées.
Résultat : en quelques années, les blogs et leur écosystème ont déjà accumulé un savoir faire et une expérience que la presse mettra une décennie à appréhender.
La victoire du Darwinisme économique sur le Créationisme des grands groupes média est déjà une réalité. On peut vivre d’un blog aujourd’hui, pas de la presse, tout du moins, pas sans subventions et sans mécènes.
Pendant ce temps là, les américains rigolent
Il faut reconnaître une chose aux américains, ils savent tourner la page quand une solution ne marche pas, et ils ne font pas les choses à moitié. Le Washington Post fait d’ingénieux partenariats avec des agrégateurs sociaux comme SocialMedian et se lance à corps perdu dans le link journalism, le New York Times sort des APIs d’utilité publique et confie la production d’une partie de ses contenu à des blogs (dont ReadWriteWeb, ce dont nous ne sommes pas peu fiers), et de l’autre coté de la Manche, le UK Telegraph vous propose de gérer vos finances personnelles. Ils accumulent une expérience précieuse, apprennent au jour le jour à se réinventer, se remettent en question à chaque conférence de rédaction, et sont en pleine mutation.



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